La mouche qui faisait du skate
Dans
l’irréel d’un matin embrumé,
Comme souffle un murmure à
l’orée d’un secret,
Une mouche audacieuse, sur un skate
posée,
Dévalait le bitume, en quête d’un couplet.
Elle
glissait légère, trahissant la pesanteur,
Une chorégraphie sur
des roues de silence,
Sous l’aurore naissante, bravant toute
peur,
Défiant le courant de la banale existence.
Sur les pentes d’un monde aux mille visages,
Et l’insecte en sa danse semble nous dire agile,
Que la grâce survit, malgré les orages.
Les
reflets du soleil dansent sur le béton,
Projecteurs naturels
d’une scène improvisée,
Notre mouche s’élance, assimilant
le frisson,
Du vent qui nous caresse et jamais ne s’épuise.
Elle
tournoie et fascine par son curieux ballet,
Une infime créature
défiant l’immensité,
Révélant l’admirable dans le plus
simple objet,
L’infini dans un grain, l’éternel dans
l’éphémère.
À
travers ses pirouettes, l’insignifiant se mue,
Un monde s’ouvre
à qui ose y poser le pied,
Chaque impulsion, une ode à la vie
qui continue,
Un manifeste inscrit sur l’asphalte usé.
Dans
le tumulte urbain, émerge une symphonie,
Le clapotis des roues
est une mélodie,
Et dans cette danseuse, un univers infini,
Se
révèle aux regards de ceux qui l’ont choisi.
La
mouche transcende sa condition mortelle,
Son skate est sa plume,
le monde son poème,
Elle écrit l’impalpable avec des ailes
d’aquarelle,
Sur une toile béante qu’est la vie que l’on
sème.
En
ce périple audacieux, elle nous enseigne clairement,
Que bien
souvent, il faut risquer pour vraiment être,
Oser défier
l’ordinaire pour un moment
Rayonner, comme étoile qui jamais ne
désespère.
Et
c’est là, en effleurant la surface des choses,
Que se conçoit
doucettement ce que l’âme impose,
Encore une fois la mouche, en
son art, s’expose,
Inspirant l’éphémérité de l’instant
où tout se nécrose.
Car
au-delà des sauts et des courses ailées,
Se cache le silence où
l’on se rencontre,
C’est là que l’être humain, dans sa
quête, est guidé
Vers ce que dans la brise, la sagesse lui
montre.
Elle,
elle sait que la chute est ultime vérité,
Mais embrasse ce
risque avec tant de gravité,
Car dans l’instant fragile où
l’on touche au buté,
Réside la pureté d’une vie sans
regrets.
À
présent, l’horizon teinte de rouge et de pourpre,
Dessinant la
promesse d’un crépuscule en apothéose,
La mouche se retire
dans l’ombre qui s’étoffe,
Emportant avec elle ses secrets et
ses proses.
Dans
cet adieu sans larmes, il est facile d’entendre,
La leçon de
courage, l’écho d’une existence,
Qui malgré sa brièveté,
n’a cessé de surprendre,
Et de trouver dans chaque envol, une
nouvelle espérance.
Ainsi,
la mouche qui faisait du skate s’en va,
Laissant derrière elle,
trace d’un sillage audacieux,
Un chemin qui invite à suivre ses
pas,
Pour transformer, à notre tour, l’ordinaire en précieux.
Voici
donc l’ultime refrain de ce ballet urbain,
Où chaque mouvement
défie le banal, le quotidien,
Dans l’effervescence de la vie,
un constant refrain,
Invitant à célébrer chaque seconde du
chemin.
Que
chaque homme, femme, doté d’un cœur qui bat,
Saisisse ainsi la
rampe de son propre skate,
Ose danser sur le fil de l’impétueux
combat,
Et faire de l’éphémère un éclat sans attrait.
Oublions
les versants de nos peurs ancestrales,
Glissons sur l’Aujourd’hui,
réinventons le Futur,
Dans l’impulsion créative de nos rêves
les plus fous,
La mouche nous rappelle… Tout commence
maintenant, toujours.
Alors que la mouche s’éloigne dans le crépuscule, laissant derrière elle une traînée de lumière et d’inspiration, nous sommes invités à réfléchir sur notre propre parcours. L’histoire de cette mouche audacieuse est un écho vibrant nous invitant à embrasser la beauté éphémère de nos vies, à trouver la joie dans les moments fugaces et à transformer l’ordinaire en extraordinaire. Que son sillage nous inspire à glisser avec audace dans le grand skatepark de la vie, saisissant chaque instant avec courage et émerveillement.




